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Grand Nord arctique, Kolya et Lyouba vivent parmi une communauté de reclus, une poignée de personnes piégées sur ce bout de territoire russe.

En quelques heures, il y a de nombreuses années déjà, les autorités ont vidé une ville de ses habitants, abattu les troupeaux contaminés, enfoui des déchets radioactifs dans une mine qu’ils ont fait murer, condamnant les mineurs qui travaillaient au fond.

Dans « la zone », Kolya le lapon pleure depuis lors son film mineur et essaie d’apaiser sa peine en gravant et offrant de l’ivoire à la terre. Lyouba, elle, est née là, élevée depuis la disparition de ses parents par une vieille bigotte. Celle-ci l’a livrée en pâture à l’auto-proclamé pope le jour de ses 18 ans, puis à d’autres hommes, pour essayer de conjurer le sort et l’infertilité.

Ces deux personnages vont peu à peu s’apprivoiser, apprivoiser leurs peurs également, et unir leurs forces pour contrer l’immobilisme et la peur.

L’écriture se fait l’écho de l’atmosphère lourde, comme d’enfermement, qui règne au sein de cette micro société. Le récit vous happe.

Une très belle lecture, que je recommande.

Franck Pavloff, auteur entre autres de la magnifique nouvelle Matin brun, est un écrivain français né en 1940 à Nîmes.

L’homme à la carrure d’ours est paru en janvier 2012 chez Albin Michel (15,20€). Il est également disponible au Livre de poche (5,90€).

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