Une pincée de terre et de mer Dina Nayeri

Saba et Mahtab sont jumelles. A onze ans, Saba se dirige vers l’aéroport en voiture, avec son père et sa mère. Elle n’a qu’un vague souvenir de cette journée, si ce n’est qu’elle est persuadée d’avoir vu sa mère et sa soeur embarquer à bord d’un avion en partance vers l’Amérique.

Issue d’une famille riche et éduquée, convertie au christianisme, Saba quant à elle rentre dans son village d’Iran avec son père, et continue sa vie sous le joug du nouveau régime des mollahs, entourée de son amie Ponneh et du gentil Reza, et de mères de substitution qui veillent à ce qu’elle grandisse selon les règles du pays.

Jusqu’à l’âge adulte, Saba ne sait toujours rien du sort de sa mère et de sa soeur, on lui dit qu’elles sont mortes, mais elle invente une vie américaine à sa jumelle. A la manière des conteuses de son pays, elle raconte la vie de Mahtab, entre statut de réfugiée et intégration réussie. Sans doute une façon de s’évader de son quotidien et de rêver à un pays où les femmes ne sont pas mariées de force, victimes de violence, où la mort ne vous guette pas à la moindre imprudence…

Ce roman m’a beaucoup marquée. On y perçoit la détresse des femmes iraniennes qui ont perdu toute liberté à l’arrivée la révolution islamique, on y évoque les persécutions, les abus des personnes investies d’un certain pouvoir, on y perçoit la peur qui fait partie du quotidien de la population. De l’insouciance de l’enfance que Saba quitte brusquement et essaie de sauvegarder avec le conte, l’imagination et l’amitié, on entre petit à petit dans la réalité cruelle de ce pays meurtri.

Un livre que je recommande, qui ne laisse pas indifférent.

Dina Nayeri est née en Iran en 1979.

Une pincée de terre et de mer, son premier roman, est paru chez Calmann-Levy en mai 2013 (20,90€) et au Livre de poche en août 2014 (7,60€).

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