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Olga, femme médecin mais aussi magnétiseuse, est appelée au chevet de Staline pour soulager les douleurs de ce chef d’Etat pourtant réfractaire à toutes les croyances et pratiques non scientifiques. Au fil des « confidences » de cet homme, on décèle toutes les contradictions du régime. La terreur comme mode de gouvernance, le traitement réservé aux juifs, etc., sont évoqués comme une nécessité, une obligation indépendante de la volonté de Staline. A la mort de ce dernier, Olga peut rejoindre le mari qu’elle a été obligée de quitter pour s’établir dans un port sur le cercle polaire.

Une deuxième histoire évoque le recrutement d’un espion modèle, tandis qu’elle égratigne furieusement Poutine, autre agent russe.

Puis le narrateur évoque sa vie dans une base militaire, où son fils cadet dans la marine vient de mourir dans un accident de sous-marin…

D’autres récits suivent, indépendants ou liés par un personnage, une anecdote, un fil conducteur… Des années 1950 à nos jours, en autant de portraits de personnages que d’époques, Marc Dugain dessine un pays en perdition, où les idéologies contredisent les faits, où les individus n’ont pas leur place.

Quelle est la part de fiction et de documentaire de ce livre ? C’est la question que je me suis posée. Ce roman m’a un peu désarçonnée pour cette raison, mais j’ai trouvé très intéressante cette façon de faire vivre l’histoire à travers le destin d’une famille et de personnages divers et complexes

Marc Dugain, né en 1957 au Sénégal, est un réalisateur et romancier français.

Une exécution ordinaire est paru en février 2007 chez Gallimard (20,20€) puis chez Folio en mars 2008 (8,70€). Ce livre a également fait l’objet d’une adaptation cinématographique.

Morceaux choisis :

« J’étais plus mélancolique et plus introverti, et je ne retrouvais que dans les grandes étendues naturelles une énergie primitive qui se libérait dès que je m’éloignais des concentrations humaines. »

« La vérité est un objectif théorique, lui ai-je dit. Ceux qui se battent pour elle, le font souvent au risque de leur vie pour la transmettre à des gens qui n’en ont pas grand-chose à faire. Tenez, mettez ensemble les plus grands spécialistes des plus grandes universités du monde et demandez-leur de vous expliquer comment une idée, le communisme, qui avait les apparences du mieux pour l’humanité, a conduit à abréger la vie d’une bonne vingtaine de millions d’hommes et de femmes. Ils vont vous trouver des tonnes d’explications avec des mots savants comme déviationnisme, culte de la personnalité, et je ne sais quoi encore. mais aucun ne pourra vraiment l’expliquer, parce que c’est inexplicables. »

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