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Un jeune homme se présente à Yoshiwara, quartier des plaisirs d’Edo, l’ancienne Tokyo. Il rencontre successivement nombre de travailleurs de ce quartier : tenancier de maison close, entremetteuse, amuseur, geisha, homme d’affaire et client, préposé aux lits, batelier, courtisane, patronne de maison de thé, intendant, assistante, trafiquant de filles… Sans vraiment révéler les interroger, il leur demande de parler de leur vie.

On comprend vite qu’il s’intéresse à une « affaire », un « scandale » survenu quelques mois plus tôt dans ce microcosme, qui finit par être évoquée : la disparition de Katsuragi, l’une des courtisanes les plus célèbres de Yoshiwara.

Peu à peu se dessine le portrait de ce quartier, de ses règles strictes, de sa vie quotidienne, de ses petits métiers. Petit à petit se devine le destin et le caractère fort d’une jeune fille devenue courtisane malgré elle.

D’indice en indice, de personnage en personnage, avec beaucoup de suspense finalement, on découvre le fin mot de l’histoire, dans les dernières pages.

On a l’impression de lire à la fois un roman, un documentaire et une enquête policière.

Un roman surprenant de par la façon dont l’intrigue est amenée. Le jeune homme nous reste totalement inconnu jusqu’à la fin, il ne parle pas. Ses questions ou suggestions nous arrivent seulement par la bouche de ses interlocuteurs, qui s’expriment par de longs monologues, nous apprenant beaucoup sur la vie de l’époque. J’ai beaucoup aimé l’aspect historique de cette histoire, sûrement très documentée.

Une belle découverte, de par l’intérêt de l’intrigue, l’originalité du récit, et la valeur historique. Encore un livre qui fait voyager !

Kesako Matsui, née à Kyôto en 1953, est une romancière japonaise.

Les mystères de Yoshiwara est paru chez Philippe Picquier en 2011 (21,80€) et en 2013 (8€).

Morceaux choisis :

« une fille de plaisir sincère, ça ne se rencontre pas plus qu’une oeuf de forme cubique. »

« Pour ma part, je lis avec une certaine humilité des livres consacrés à l’origine des phénomènes naturels ou au fonctionnement de l’univers ; mais je n’aurais jamais l’idée de lire un livre d’histoires ! C’est tellement idiot ! Je suis sûr qu’il n’y a que des filles, des femmes et des enfants ignorants du monde, ou bien des bons à rien, qui se passionnent pour la lecture. Ah, ça vous fait plaisir d’être lu par ces gens-là ? Quoi ? Vous dites…? C’est la curiosité qui vous pousse à écrire ? Ah bon ? La Curiosité ? Vous voulez dire que par curiosité vous vous mêlez des affaires des autres pour en vivre ? Ca, ce n’est pas le métier d’un type convenable : c’est même au-dessous de tout ! »

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