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Alain est un marin. Depuis son plus jeune âge il ne rêve que de parcourir la mer. La mer est son univers et pour lui « l’escale n’est pas le voyage ». Après un tour du monde à la voile en solitaire, il rencontre Corinne, et les deux amoureux décident de repartir en voilier en direction du Sud, itinéraire au long cours ponctué de haltes plus ou moins longues.

Dans ce récit de voyage, c’est un parcours singulier qui nous est conté. Au rythme de l’avancée du bateau, des rencontres que ce mode de locomotion lent permet, des terres choisies comme haltes, on progresse avec Alain et Corinne, dont le récit et les poèmes nous laissent découvrir petit à petit deux personnes avec une volonté farouche de croquer la vie à pleines dents, de vivre ensemble une aventure humaine.

En parallèle, les rencontres nouvelles résonnent avec les souvenirs en un va et vient continu qui permet au lecteur de comprendre l’itinéraire d’Alain, de ses rêves d’enfants à sa vie rêvée d’adulte.

J’ai rêvé devant les lieux choisis, entrevus ou vécus au long cours, la Gomera, Saint-Paul ou encore la Polynésie, parce qu’ils nous sont décrits non pas comme des lieux idylliques pour tous, mais parce qu’ils se les sont appropriés et en ont fait leur paradis à eux seuls.

J’ai beaucoup aimé la philosophie de vie de ces deux-là, qui est aussi un formidable message pour tous les rêveurs qui n’osent pas. Il faut fabriquer ses rêves et oser les vivre. Alain Kalita nous montre que tout est possible, pour peu qu’on le veuille, qu’on révise un peu ses priorités et qu’on fasse abstraction des contraintes qu’on s’est souvent soi-même créées.

C’est un livre qui se déguste avec lenteur, pour s’imprégner de ce beau parcours et imaginer le sien en écho…

Alain Kalita est né en 1963. Chaudronnier, il a construit son bateau, Naïla.

Elle rêve avec moi a été publié en mars 2014 par les éditions Magellan et Cie (19,50€).

Morceaux choisis :

« Je voyage pour vérifier mes rêves, a écrit Gérard de Nerval. Voilà un adage qui s’applique parfaitement au livre d’Alain et Corinne . »

« On rentre difficilement d’un tel voyage parce que peu de personnes peuvent comprendre. Pour échanger ses impressions, il faut avoir vécu la même chose. Je me sens comme un extraterrestre tombé sur terre. »

« J’ai failli perdre la vie en voulant vivre mon rêve, mais elle était assurément perdue si je n’avais pas essayé. Essayer sera toujours une victoire. Vivre de souvenirs plutôt que de regrets. »

« Quand un enfant naît, il pleure, et pourtant la vie commence. Partir, c’est pleurer un peu, l’action demande à trancher un lien. Larguer les amarres, mais quel autre quai les reprendra ? La peur de l’inconnu est une chaîne difficile à briser, elle emprisonne bien des envies vagabondes. »

« Le danger de passer des jours et des jours en mer est la rencontre avec soi. »

« Le voyage, c’est s’émerveiller d’un ordinaire différent du nôtre, il ouvre l’esprit. »

« Les longues courses océanes sont propices au rangement, au grand nettoyage, un chambardement dans les placards d’une vie. On trie, on jette. On remet son âme en symbiose avec son corps. La vie moderne et agité nous éloigne de nous-mêmes, les courses après l’horizon nous en rapprochent. […] En mer, il y a si peu à voir qu’on apprend à mieux regarder. Observer l vol d’un oiseau sans songer à autre chose. Laisser grandir ses ailes. Ne pas passer à côté du voyage, c’est réussir la rencontre avec soi en se rapprochant de son être originel et finir par caresser ce que l’on a de plus beau en soi. »

« Un proverbe chinois dit que l’expérience est une lanterne que l’on porte accrochée dans le dos et qui n’éclaire que le chemin déjà parcouru. »

« J’avais dit à Corinne : « Tu verras, les rencontres dans ces lieux sont fortes, elles ne s’expliquent pas mis se ressentent. » Des instants de vie dont l’intensité n’a rien à voir avec la durée. »

« Travailler pour acheter. Le travail peut être une drogue, il empêche de méditer sur la fuite du temps, ses rêves abandonnés et la voie sans issue où l’on s’est engagé. Pourtant, le bonheur, c’est un baiser, un mot d’amour, un instant fraternel ou de contemplation. Les rares instants où l’on touche à la félicité absolue sont les plus immatériels et gratuits qui soient. »

« Le train passe pour tout le monde, il faut oser y monter au lieu de rester sur le quai. Malheureusement, la destination n’est pas garantie. Alors, on s’invente mille chaînes de peur d’abandonner ce que l’on tient, toujours avec des raisons valables. Il y a pourtant de la place pour tous les volontaires dans le train de la vie. »

« L’argent n’amène pas au départ, mais l’envie de partir permet d’en trouver les moyens. »

« On regarde la télévision, on surfe sur Internet, et on croit connaître le monde, mais rien n’équivaut à la réalité vue de ses propres yeux. »

« Je comprends qu’il peut être facile de transplanter un jeune arbuste, mais l’homme, tel l’arbre adulte, laisse toujours des racines dans sa terre d’origine. »

« Ce n’est pas le voyage qui amène aux rencontres mais la disponibilité d’esprit. »

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