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1954. A quelques jours de la fermeture définitive d’Ellis Island et de son départ, le directeur et unique gardien John Mitchell ressent la nécessité de coucher ses souvenirs sur le papier.

Cette île où il a vécu toute sa carrière a été le théâtre de belles rencontres, avec les femme de sa vie d’abord, Liz et Nella, et avec une foule d’anonymes, employés ou migrants, prisonniers…

Il convoque des personnages, comme autant de figures fantomatiques qui hantent ces lieux et en racontent l’histoire, car c’est aussi le roman de cette île symbole d’espoir pour des générations de migrants, un sujet fortement actuel.

Un récit assez mélancolique, qui fait le parallèle entre la solitude et l’enfermement du gardien comme écho à celle des hommes et femmes arrivés sur cette île au bout d’un parcours chaotique et souvent terrifiant, mais pas au bout de leur épreuve de la migration.

J’ai aimé l’écriture de Gaëlle Josse, l’émotion véhiculée par le texte et le fait de donner une âme à ce lieu tellement célèbre et pourtant déshumanisé. Ce n’est pas un documentaire mais bien un roman, qui pourtant rend vivante l’histoire de ce lieu.

Gaëlle Josse est une femme de lettres française née en 1960.

Le dernier gardien d’Ellis Island est paru chez Noir sur blanc en septembre 2014 (14€) et chez J’ai lu en janvier 2016 (6€).

Morceaux choisis :

« L’île de l’espoir et des larmes. Le lieu du miracle, broyeur et régénérateur à la fois, qui transformait le paysan irlandais, le berger calabrais, l’ouvrier allemand, le rabbin polonais ou l’employé hongrois en citoyen américain après l’avoir dépouillé de sa nationalité. Il me semble qu’ils sont encore là, comme une foule de fantômes autour de moi. »

« […] on ne décide pas toujours du visage que l’on présente à autrui. »

« Je suis aujourd’hui le capitaine d’un vaisseau fantôme, livré à ses propres ombres. »

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