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Rwanda, isolé dans la montagne près des sources du Nil, un lycée pour jeunes filles accueille les filles de l’élite du pays, majoritairement d’origine Hutu, et quelques Tutsis tolérées ou méprisées, pour répondre aux quotas imposés.

Au fil de l’année scolaire, on assiste au gré des discussions entre lycéennes à une sorte de huis-clos où la haine s’insinue, reflet sans doute de la société rwandaise dont les fissures menacent d’exploser.

Avec beaucoup de délicatesse mais de vérité aussi, l’auteure fait ressortir tous les non-dit, les rancoeurs, les envies de vengeance, la sensation de pouvoir et d’impunité de certaines face aux sentiments d’acceptation ou de résignation des autres, mais également l’amitié, la vie.

La politique est aussi largement évoquée, qu’elle soit interne au pays ou en lien avec l’Europe, en un constat édifiant d’incapacité.

L’attente monte, l’épilogue malheureux que l’on sent venir, inéluctable, se produit bien, et on garde le goût amer et peu d’espoir en achevant la lecture, l’impression que la roue tourne parfois mais revient plus souvent au pire de l’être humain.

Evoquant les prémisses d’un génocide à travers un moment d’histoire, Scholastique Mukasonga écrit là un livre très actuel, sans fioriture, juste tout simplement, qui ne pourra que toucher.

Scholastique Mukasonga, née en 1956 au Rwanda, est une écrivaine rwandaise d’expression française, lauréate du prix Ahmadou-Kourouma et du prix Renaudot en 2012 pour ce livre.

Notre-Dame du Nil a été publié aux éditions Gallimard en mars 2012 (17,90€) puis en poche chez Folio en février 2014 (7,70€).

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