Birmane Christophe Ono-dit-Biot

César est en vacances avec sa copine au Laos. Tandis que la jeune femme cherche le repos et l’insouciance, lui enchaîne les ratés dans l’organisation du voyage. Ils finissent par se séparer en Thaïlande, dans des paroles amères où elle lui reproche notamment d’être obnubilé par un collègue auquel il n’arrive pas à la cheville…

César est correcteur dans un journal, et il semble en effet en admiration devant le grand reporter, baroudeur invétéré amoureux de la Birmanie. Il prend alors la décision de se rendre en Birmanie, et d’obtenir l’interview de Khun Sa, un trafiquant d’opium et chef de guerre qui tient tête à la junte au pouvoir.

Novice, pas du tout préparé, il arrive en Birmanie dictatoriale en plein attentat. Rencontrant par hasard Julie, une médecin expatriée, il lui confie son projet. Elle le prend sous son aile et entre eux une idylle naît.

Mais au gré des événements, des péripéties, des maladresses, César rencontre la Birmanie, s’immerge de plus en plus dans ce pays où le vert l’enivre, où la jungle recèle bien des secrets. Ses certitudes vacillent, la peur et la paranoïa l’assaillent, le danger guette, bien réel, tandis que lui se perd dans la montagne, au pays Akha.

Ce qu’il va y trouver est bien plus qu’un scoop, c’est sa propre identité, sa raison de vivre, sa nature animale…

Un récit hypnotisant, avec beaucoup de suspense, rédigé dans une langue fluide, que j’ai beaucoup aimé.

Christophe Ono-dit-Biot, né en 1975, est un journaliste grand reporter et écrivain français.

Birmane est paru chez Plon en août 2007 (21,50€) puis chez Pocket en septembre 2008 (7,40€). Il a été couronné par le prix Interallié.

Morceaux choisis :

« – J’arrive, il a répondu, je voulais juste demander à notre ami s’il était au courant qu’en venant en vacances… (Il a appuyé d’une façon très désagréable sur le mot vacances)… il cautionnait la junte au pouvoir. Parce que je ne sais pas si t’es au courant, mais ici c’est une dictature militaire… »

« Une puissante odeur de végétation moite, une odeur vert foncé montait à mes narines. »

« Je menais enfin la vie que je rêvais de vivre, avec, de surcroît, rien dans les mains, rien d’autre avec moi qu’une chemise trempée de sueur, un vieux jean et mes baskets couvertes de boue. L’essentiel, enfin ! Animal, enfin ! Rien d’autre que moi, devant cette nature qui m’ enivrait à en mourir, et je peux dire que c’était bon de penser que j’avais au moins un argument pour affirmer que cette vie valait la peine d’être vécue. »

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