Les grandes évasions de Paul Métral Serge Revel

Paul a presque 90 ans. Veuf depuis 5 ans de son épouse adorée Lou, sans enfants, il vit seul dans une maison isolée, entouré de ses souvenirs, s’occupant des ses animaux et de son jardin. Alerte malgré son âge, il est très autonome et indépendant.


Sa nièce « Grenoule » vient très régulièrement prendre soin de lui, lui faisant ménage et cuisine avec autorité, se plaignant aussi sans cesse de ce travail qu’elle semble prendre à cœur mais qui lui coûte et la tracasse beaucoup.

Par égard pour son vieil oncle, elle réussit à le convaincre de le placer « à l’essai » dans une maison de retraite. Mais l’expérience ne plaît pas du tout à Paul, qui s’échappe pour retrouver sa liberté.

Rapidement retrouvé, il est placé à nouveau dans un autre établissement, cette fois encore pour son bien. Plusieurs placements et évasions s’enchaînent. Paul a toute sa tête et s’en sert bien, aidé parfois d’Hakim (orthographe ?), un chauffeur de taxi avec qui il a sympathisé.

Paul découvre aussi petit à petit que le viager de sa maison s’est transformé en vente, que ses meubles ont été emportés, que sa nièce bien prévenante a demandé sa mise sous tutelle et lorgne sur ses lingots imaginaires…

En choisissant ce livre j’ai pensé à un road-trip comique du genre Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson (lien ?), mais c’est plutôt une comédie douce amère que j’ai découverte, de plus en plus amère au fil du récit d’ailleurs…

On peut sourire de cette histoire d’évasion d’un vieux monsieur en effet, et certaines scènes sont bien senties, mais ce qui ressort c’est quand même l’infinie tristesse et la cruauté de cette destinée hors de contrôle, de cette négation de la personnalité dans les actes mais aussi dans les termes employés.

Un livre à mettre entre toutes les mains, pour réfléchir au traitement de la personne âgée dans nos sociétés dites civilisées, à nos modes de vie où l’organisation prime sur l’humain, à l’infantilisation programmée, à l’absence de prise en compte de la volonté individuelle, sous prétexte de se tranquilliser soi-même et de s’éviter des soucis…

Une très belle découverte, pour un roman qui se lit rapidement et qui pousse à la réflexion.

Serge Revel, né en 1946 à Chambéry, est aujourd’hui auteur et metteur en scène, après avoir été maître de conférence.

Les grandes évasions de Paul Métral a été publié aux éditions du Rouergue en octobre 2015 (15€).

Morceau choisi :

« Les petits bonheurs simples sont toujours les plus précieux et les plus fragiles. Il faut savoir les préserver. »

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