Certaines n'avaient jamais vu la mer Julie Otsuka

Début du 20ème siècle. De nombreuses jeunes femmes japonaises, paysannes en quête d’un avenir meilleur pour la plupart, s’embarquent pour une traversée vers les Etats-Unis.

Elles doivent y retrouver un homme qu’elles auront choisi sur la base d’une photo ou d’une lettre, un mari qu’on leur aura imposé bien plus souvent.

Le voyage est déjà une épreuve pour beaucoup, la peur de l’inconnu se rajoute à la frayeur de l’océan. Mais l’arrivée à San Franciso est également un triste moment pour nombre de ces jeunes femmes, voire jeunes filles, qui découvrent des hommes inconnus, qui ne ressemblent pas aux photos, dont la situation est loin d’être celle de notables ou de gens aisés.

La réalité les rattrape vite, car c’est un travail harassant qui les attend, aux champs, dans des contrées isolées, au service d’autres dans des villes, voire au bordel. Chacune a son lot de misère ou de chance, toutes ont en commun la désillusion, une vie rêvée vite oubliée, la violence et la vie d’exilées, la vie de ghetto, le fossé entre leur culture et ces américains si grands, si différents.

Julie Otsaka brosse des portraits partiels, évoque des noms, des destinées, par petites touches, s’arrête un instant sur l’une, passe à une autre. Dans un « nous » rassembleur, elle peint en une fresque bigarrée la foule de ces jeunes femmes, aux destins divers mais finalement si communs dans la tragédie.

Mine de rien, elle nous entraîne dans un épisode historique qui m’était inconnu, et que j’ai apprécié découvrir par ce récit foisonnant.

Julie Otsuka, née en 1962 en Californie, est une écrivaine américaine d’origine japonaise.

Certaines n’avaient jamais vu la mer a été publié en août 2012 chez Phébus (15€) puis en éditions de poche chez 10/18 (7,10€ et 6,60€) Il est également disponible en édition gros caractères chez A vue d’oeil (18€), en édition audio chez Audiolib (18€) et en e-book (5,49€).

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