19ème siècle. Dans la plaine américaine, un train est attaqué par des Indiens. Parmi les passagers, beaucoup de soldats, mais aussi un groupe de femmes blanches.

Quelques-unes d’entre elles échappent au massacre et sont emmenées, prisonnières des Cheyennes. Apeurées, elles découvrent un peuple meurtri, un village de tipis et, avec surprise d’autres femmes blanches comme elles, qui vivent avec les Indiens et ont même adopté leur mode de vie.

Tour à tour, ces femmes blanches prennent la parole, pour dérouler leur incroyable histoire. On fait la connaissance de Margaret et Susan Kelly, deux jumelles rousses qui ont participé au programme 1000 femmes blanches, un pacte conclu entre l’armée américaine et le chef Cheyenne Little Wolf : 1000 chevaux contre 1000 femmes blanches à marier pour favoriser l’intégration des indiens. Ces jeunes femmes, peu favorisées par le sort et la vie, mais débrouillardes,  y ont vu l’occasion de sortir de leur vie de misère et de la prostitution, et se sont mariées, ont eu des enfants, avant que leur village soit attaqué en dépit des accords et qu’elles perdent tout. Animées d’une rage folle, mères désormais sans mari et sans enfants, elles accueillent et tentent de rassurer les nouvelles venues, dernières envoyées du programme qui pourtant vient d’être arrêté. Car la guerre a repris de plus belle, et l’issue ne fait pas mystère : tôt ou tard l’armée américaine exterminera les dernières résistances indiennes, les Blancs gagneront.

Molly, échappant au pénitencier où elle est détenue pour le meurtre de son mari violent et assassin, l’aristocrate Lady Hall venue de son plein gré à la recherche de son amante, Astrid l’austère norvégienne, Lulu Larue la danseuse de cancan française, ou encore Maria la mexicaine, recrutées de gré ou de force dans ce programme, se trouvent à la croisée d’un chemin. Faire ce pour quoi elles étaient venues, et risquer la mort, ou repartir vers les conditions de vie misérables ou tragiques auxquelles elles ont essayé d’échapper.

Toutes décident de rester et commencent à découvrir la vie des « sauvages », les hommes et les femmes, les drames de ceux qui comme les soeurs Kelly ont tout perdu, les croyances aussi. Toutes se révèlent, Molly, forte et fragile, puis amoureuse de Hawk, l’Indien qui l’a enlevée, métis, doué du pouvoir du faucon…

A travers ces portraits, c’est toute une époque qui vient à notre rencontre, la société blanche avec ses parias et sa suprématie brutale, les peuples indiens aux coutumes et mode de vie complètement niés, les familles massacrées… On perçoit aussi toute l’humanité de certains hommes et femmes qui ont su accepter l’autre, et même aimer les différences.

J’ai aimé la part d’onirisme, l’évocation des croyances et du surnaturel comme ultime force de ces peuples fiers. Le roman est dur, les drames nombreux, la violence omniprésente, qui reflète bien sans doute la réalité. Mais j’ai apprécié d’avoir le sentiment que malgré tout l’humain pouvait gagner. Grâce aux journaux de ces femmes blanches, qui relatent tour à tour leur aventure, et nous font part de leurs émotions, ce roman fleuve m’a beaucoup touchée.

Ce livre est la suite de Mille femmes banches, mais peut être lu indépendamment.

Jim Fergus, né en 1950 à Chicago, est un écrivain américain.

La vengeance des mères a été publié au Cherche-Midi en septembre 2016 (22€) puis chez Pocket en septembre 2017 (7,80€).

Merci à lecteurs.com pour cette découverte.

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