Et ma langue se mit à danser Ysiaka Anam

Une petite fille née en Afrique, arrive en France avec ses parents. Elle y découvre un pays, une langue, une couleur de peau, et prend conscience alors de ses différences.

Adulte, elle relate ici l’expérience personnelle du déracinement, de la perte et en même temps de la découverte, d’un autre pays, d’une autre culture, d’une autre langue.

On y sent les moments de flottements entre les deux rives, une petite fille puis une jeune femme comme à la croisée des chemins, ou plutôt comme sur un pont, sans savoir quelle rive choisir, quelle rive est accueillante, quelle part des deux rives peut-être accepter et faire sienne.

La langue est le symbole de cette errance identitaire, les langues plutôt, la langue maternelle dont il ne reste que peu de place, la langue d’adoption qu’elle a fait sienne. Langue qui traduit la culture, le pays avec son climat, ses modes de pensée, qui véhicule l’identité.

Si j’ai aimé le sujet, l’exil abordé sous l’angle de la langue, j’ai trouvé le récit un peu trop désincarné à mon goût, la lecture est jolie et on sent tout le poids de l’exil, des exils, du déracinement et de cette langue qui est vécue comme une attache ou comme une entrave. Mais j’aurais aimé en savoir plus sur cette personne, sur son pays d’origine, même son prénom, pour m’y attacher à mon tour.

Ysiaka Anam est né quelque part en Afrique de l’Ouest, avant de rejoindre la France avec ses parents.

Et ma langue se mit à danser a été édité par La Cheminante en janvier 2018 (10€).

Morceaux choisis :

« Je m’interroge encore sur l’exil. N’est-ce pas seulement une manière de se retrouver, pour toujours, à côté de soi ? »

« Les choses qu’on n’a pas eu conscience de perdre sont sans doute celles qui prennent le plus de place. »

Merci à Babelio pour cette découverte.

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