Monsieur Origami Jean-Marc Ceci

Kurogiku, héritier d’une famille de maîtres fabricants de papier washi, croise le regard d’une femme brune dans les rues de son village. Sans savoir rien d’elle si ce n’est qu’elle est italienne, il quitte subitement tout ce qu’il connaît, le Japon, son père, la papier, et part à la poursuite de cette « panthère noire », dans une quête qu’il sait perdue d’avance.

Dépourvu d’envie, d’espoir, presque sans vie, il s’installe sur un terrain isolé et abandonné de Toscane, et se met à faire la seule chose qu’il sait faire, fabriquer du papier washi. Son seul but désormais est de plier et déplier des origamis…

De longues années plus tard, arrive Casparo, un jeune étudiant dont le projet est de fabriquer la montre la plus complexe et complète du monde. Casparo, intrigué, arrive à faire dire quelques mots à Kurogiky, surnommé Monsieur Origami par les habitants de la région. Il s’installe à son tour sur cette terre, travaille à son projet.

Tous les deux se nourrissent petit à petit de l’expérience de l’autre. En peu de mots, et beaucoup de silences, Jean-Marc Ceci nous propose une belle réflexion sur le temps, le temps qui passe, le temps qui s’enfuit, le temps perdu. Une occasion de réfléchir aussi au sens de la vie et à la quête du bonheur.

J’ai été surprise par le style épuré et poétique, probablement inspiré par les haïkus japonais, que j’ai beaucoup apprécié et trouvé très adapté au propos.

Un joli livre, une lecture rapide mais profonde, qui pousse à l’introspection, au retour sur soi et ses envies profondes.

Jean-Marc Ceci, né en 1977, a la double nationalité italienne et belge

Monsieur Origami est paru chez Gallimard en août 2016 (15€).

Morceau choisi :

« A quoi sert-il d’avoir si être nous manque. »

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