Le dernier arrivé Marco Balzano

Ninetto est né à San Cono, un village pauvre de Sicile niché sur les pentes de l’Etna. Là-bas, le travail manque, tout le monde a faim, les enfants sont élevés à la dure et les coups pleuvent.

A 9 ans, Ninetto n’en peut plus. Seul avec son père depuis que sa mère a fait une crise d’apoplexie, il craint la violence, ne va plus à l’école, rêve de fuir cette terre ingrate, ce « trou » où il vit.

Alors il se décide à suivre Giuvà, un « pays » qui part tenter sa chance à Milan. Il découvre une ville où tout lui paraît grand, mais dans le quartier ouvrier et excentré où il s’installe, c’est la petitesse des « cellules » des travailleurs, la pauvreté encore, la noirceur de la fumée des usines qui l’entourent.

C’est là pourtant que Ninetto fait sa vie. Débrouillard, il trouve vite du travail, se mêle à d’autres exilés, se marie même à quinze ans avec Maddalena. Puis Elisabetta arrive, fille unique très aimée, trop aimée… Car on comprend bien vite que Ninetto a fait une bêtise, plus qu’une bêtise même car les souvenirs d’enfance de sa vie nous sont contés depuis la prison où il a passé 10 ans, et dont il sort à 57 ans…

Ce livre, c’est le récit d’une enfance pauvre et dure, le récit de l’exil sans aller bien loin car on reste en Italie, pays qui accueille aujourd’hui des migrants d’autres nationalités, mais où il y a peu c’était ses propres citoyens qui cherchaient refuge et travail dans d’autres régions. On y rencontre toute une classe populaire, des « petites gens » qui triment pour s’en sortir, juste pour manger, juste pour vivre. On y évoque à peu de mots la condition des femmes. J’y ai trouvé surtout beaucoup de mélancolie, et l’impression qu’il est souvent bien difficile de sortir de sa condition.

Ce livre se lit bien, le style est fluide, mais j’ai trouvé que les personnages manquaient de consistance, que le récit manquait de relief.

Marco Balzano, né en 1978 à Milan, est un écrivain italien.

Le dernier arrivé est paru chez Philippe Rey en janvier 2017 (18€).

Livre lu dans le cadre du Prix du roman Cézam inter-CE 2018.

Morceaux choisis :

« Les souvenirs sont peut-être des événements que nous n’arrivons pas à oublier. »

« On ne peut avoir de vrais amis que dans l’enfance, lorsqu’on est propre à l’intérieur, qu’on n’effectue pas de calculs d’intérêts ni autres obscénités de ce genre. »

« Je l’ai remercie avec chaleur, mais j’ai décidé que je n’ai plus envie d’apprendre. On ne peut pas sauter dans tous les trains, il faut en rater certains, en laisser partir d’autres et se résigner. »

« Etre enfant unique est une déveine. Il vous manque un mot important du dictionnaire, frère. »

Si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à me suivre sur Facebook !