La petite reine de Kaboul Patrick Communal

La petite reine de Kaboul, c’est Masomah, une jeune fille afghane comme les autres, à la différence près que son père lui laisse faire du vélo dans Kaboul, et que ce sport devient sa passion.

Mais sport et femme ne font pas bon ménage dans ce pays où la place des femmes est le plus souvent derrière les murs d’une maison, entourée d’un père, puis d’un mari. Masomah et sa soeur Zahra, passionnée comme elle, rejoignent bientôt l’équipe nationale féminine de cyclisme d’Afghanistan, et sont désormais braquées sous les feux des projecteurs. Pratiquant dans des secteurs dangereux où elles essuient des pluies de projectiles et d’insultes, confrontées à l’insistance de la famille qui veut les marier pour faire cesser ce déshonneur, les deux jeunes filles n’ont bientôt d’autre issue que de fuir leur pays, avec leur famille.

En France, Patrick Communal, féru de cyclisme et juriste, découvre leur histoire grâce à un reportage sur Arte. Il prend bientôt contact avec elles, des liens virtuels se tissent. Lorsque les deux soeurs sont invitées par l’ambassade de France à participer à une épreuve cycliste en France, l’Albigeoise. Patrick et son fils Thierry les rencontrent à cette occasion, et décident de les aider.

Débute alors un long parcours, pour faire venir les jeunes filles, leurs parents et leurs frères, en France, et leur reconnaître le statut de réfugiés. C’est la partie que j’ai préférée, plus linéaire. Le récit, émaillé de réflexions personnelles sur la spiritualité et l’altruisme (sans aucune volonté de donner des leçons), évoque également la toile d’araignée administrative inextricable qui se tisse devant les réfugiés qui, sans un accompagnement éclairé, ont toutes les difficultés possibles à s’y retrouver et à faire aboutir leur demande. L’auteur évoque également tout le réseau d’entraide, la solidarité instinctive, qui se crée autour de cette famille attachante, qui s’installe finalement dans la propriété familiale des Communal, en Bretagne.

Si j’avais eu écho de cette épopée afghane et de ces jeunes filles bien courageuses, j’ai découvert ici leur histoire, leur courage, leur détermination face aux épreuves. J’ai découvert également la force tranquille d’un père qui a su s’opposer à toutes sortes de pressions, braver la honte pour offrir un avenir à ses filles, et l’engagement de toute une famille française en faveur d’inconnus, qui sont devenus des proches.

C’est une lecture qui décidément fait du bien, qui déconstruit les peurs, nous fait retrouver notre humanité.

Une belle découverte, grâce à Babelio.

Patrick Communal, après une longue carrière d’avocat, est aujourd’hui fortement impliqué dans la défense des libertés individuelles.

La petite reine de Kaboul vient de paraître aux éditions de l’Atelier le 28 juin 2018 (16€).

Morceaux choisis :

« Je ne suis pas instruit, mais j’ai l’esprit ouvert en ce qui concerne le droit des femmes, et je voulais qu’elles cessent d’être une classe d’opprimées, j’ai commencé par ma famille. »

« Les femmes afghanes, souvent confinées au domicile, ne voient que rarement le bleu du ciel. A vélo, elles fendent le vent et se prennent tout à coup pour des oiseaux. »

« Les réfugiés cessent d’être des migrants dès qu’ils ont une histoire à partager, ils redeviennent des êtres humains à part entière, nos semblables, si proches de nous. »

« Car dans ces rencontres, chacun et chacune a reçu plus qu’il n’a donné. C’est le propre de l’altruisme. On ne s’épanouit soi-même, on ne grandit en humanité que dans la relation à l’autre. C’est le bonheur d’aider. »

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